Wayn Traub, Maria-Magdalena
Théâtre des Abesses
4 mai 2009
Théâtre des Abesses
4 mai 2009
Après N.Q.Z.C., présenté au Théâtre de la Ville en novembre 2007, une réussite en tous points, et une véritable révélation pour ma part, j'attendais la nouvelle création de Wayn Traub
avec une très grande impatience.
Si la forme n'es pas tout à fait la même, le style n'a pas changé,et c'est un vrai plaisir.
Maria-Magdalena tient du "cinéma-opéra", selon les dires du créateur: Wayn Traub chante seul en scène, et manipule quelques accessoires, tandis que derrière lui est projeté un film, réel support de l'histoire.
Difficile de dégager une trame linéaire, mais, à travers plusieurs scènes, il aborde les thèmes qui lui sont chers: la figure de la femme suprême représentée par Maria-Magdalena, la mort, la peur, le désir... Toutes les histoires sont liées par des éléments récurrents: un couteau, une cloche, un carnet, ou le pied disparu d'une statue de Salomé/Maria-Magdalena brûlée pour avoir compromis un prêtre par son érotisme... Et la confrontation de toutes les pistes narratives et symboliques aboutti, comme cela était le cas pour N.Q.ZC., à une unité d'ensemble, par toujours évidente, mais ressentie: des résonances se créent entre les thèmes, finissent par créer une compréhension presque inconsciente du tout. Et longtemps après, la beauté et la force des images reviennent encore à l'esprit.
L'univers complexe de Wayn Traub, parsemé de références mythologiques et bibliques (la figure du diable revient sans cesse), peut dérouter, comme ce fut le cas pour plusieurs spectateurs qui ont quitté la salle en cours de représentation. Car l'artiste ne craint pas et ne se prive pas de perdre en chemin les spectateurs: changement de registre sans crier gare, alternance de passages narratifs et oniriques qui perturbent le fil conducteur... Malgré une impression parfois d'inachevé, et le sentiment par moments que le film se suffirait bien à lui tout seul, Wayn Traub fait preuve d'un réel talent de conteur, surtout lorsque son texte le lui permet: particulièrement pour l'historiette du soldat chinois perdu dans un village abandonné qu'il ne connaît pas, où il trouve un carnet contenant un poème qu'il a signé, sur sa propre mort... Le sentiment d'angoisse, qui traverse toute l'œuvre, atteint ici son paroxysme, et pourvu que l'on se laisse emporter, transforme le spectateur.
Une chose particulièrement déplorable cependant: le fait qu'il ne vienne pas saluer à la fin du spectacle, nous laissant applaudir un oiseau empaillé aux yeux lumineux, ce qui explique l'accueil tiède, car hésitant, des spectateurs.
Sans rejoindre la perfection de N.Q.Z.C., Maria-Magdalena est un spectacle réussi, qui donne envie de suivre plus avant les tribulations de son metteur en scène. Wayn Traub a ainsi annoncé qu'il préparait pour les années à venir une trilogie sur la fin du monde. De quoi intriguer pour encore longtemps...
Si la forme n'es pas tout à fait la même, le style n'a pas changé,et c'est un vrai plaisir.
Maria-Magdalena tient du "cinéma-opéra", selon les dires du créateur: Wayn Traub chante seul en scène, et manipule quelques accessoires, tandis que derrière lui est projeté un film, réel support de l'histoire.
Difficile de dégager une trame linéaire, mais, à travers plusieurs scènes, il aborde les thèmes qui lui sont chers: la figure de la femme suprême représentée par Maria-Magdalena, la mort, la peur, le désir... Toutes les histoires sont liées par des éléments récurrents: un couteau, une cloche, un carnet, ou le pied disparu d'une statue de Salomé/Maria-Magdalena brûlée pour avoir compromis un prêtre par son érotisme... Et la confrontation de toutes les pistes narratives et symboliques aboutti, comme cela était le cas pour N.Q.ZC., à une unité d'ensemble, par toujours évidente, mais ressentie: des résonances se créent entre les thèmes, finissent par créer une compréhension presque inconsciente du tout. Et longtemps après, la beauté et la force des images reviennent encore à l'esprit.
L'univers complexe de Wayn Traub, parsemé de références mythologiques et bibliques (la figure du diable revient sans cesse), peut dérouter, comme ce fut le cas pour plusieurs spectateurs qui ont quitté la salle en cours de représentation. Car l'artiste ne craint pas et ne se prive pas de perdre en chemin les spectateurs: changement de registre sans crier gare, alternance de passages narratifs et oniriques qui perturbent le fil conducteur... Malgré une impression parfois d'inachevé, et le sentiment par moments que le film se suffirait bien à lui tout seul, Wayn Traub fait preuve d'un réel talent de conteur, surtout lorsque son texte le lui permet: particulièrement pour l'historiette du soldat chinois perdu dans un village abandonné qu'il ne connaît pas, où il trouve un carnet contenant un poème qu'il a signé, sur sa propre mort... Le sentiment d'angoisse, qui traverse toute l'œuvre, atteint ici son paroxysme, et pourvu que l'on se laisse emporter, transforme le spectateur.
Une chose particulièrement déplorable cependant: le fait qu'il ne vienne pas saluer à la fin du spectacle, nous laissant applaudir un oiseau empaillé aux yeux lumineux, ce qui explique l'accueil tiède, car hésitant, des spectateurs.
Sans rejoindre la perfection de N.Q.Z.C., Maria-Magdalena est un spectacle réussi, qui donne envie de suivre plus avant les tribulations de son metteur en scène. Wayn Traub a ainsi annoncé qu'il préparait pour les années à venir une trilogie sur la fin du monde. De quoi intriguer pour encore longtemps...




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