Vendredi 8 août 2008
publié dans : Musique classique
par SuperGarfield


Antonio Vivaldi - Arie Ritrovate
Sonia Prina, Contralto
Stefano Montanari, violon
Accademia Bizantina - Ottavio Dantone, clavecin et direction
(airs séparés tirés des opéras La Verità in cimento, Orlando Furioso, Scanderbeg, Teuzzone, Tito Manlio + Concerto pour violon RV 369 et Concerto pour cordes RV136)
[Naïve, 2008]


J'étais tombé par hasard sur le concert de Sonia Prina, diffusé l'année dernière par France Musique, qui m'avait bien plu. Peu de temps après paraissait l'info comme quoi ce programme ferait l'objet d'un enregistrement chez Naïve, pour la formidable Edition Vivaldi. J'étais alors très enthousiaste et assez impatient de voir ce disque sortir. Lorsque les sites de ventes l'ont annoncé, j'étais en ébullition, me souvenant de la performance époustouflante que la contralto Italienne avait donnée en octobre 2007 dans Motezuma au TCE (voir critique de Licida). Le disque est sorti quelques trois mois plus tard, et je l'ai acheté au bout de deux ou trois semaines.

Lors des premières écoutes, j'ai eu comme souvent l'euphorie de la nouveauté, de la production attendue, qui rend en général un peu aveugle (ou plutôt sourd, dans ce cas). Car une fois l'attrait de la nouveauté passé, il faut bien se rendre compte que ce disque n'est pas idéal.
Sonia Prina et Naïve ont fait le choix de piocher plutôt dans les airs alternatifs que dans les airs d'opéras perdus. En effet, seuls les deux arias tirés de Scanderbeg rentrent dans cette dernière catégorie. Delaméa et Dantone ont également cherché à reconstituer certains airs à partir des connaissances dont ils disposaient (texte, dates,...), afin d'établir des liens avec d'autres pièces composées à la même époque, et pouvant facilement mettre en musique le texte orphelin laissé à disposition. Concernant cette volonté, je dois dire que je ne trouve pas l'entreprise très utile : ainsi que l'a souligné Vincent Borel dans Classica (note 6), "ce disque relève d’une vivaldimania qui ne voudrait pas laisser perdre une miette de son idole bien plus que d’une redécouverte". En effet, des airs comme "Sarai qual padre mio" ou "Perché lacero il foglio" n'ont rien de différent, si ce n'est le texte, aux "Vorrei veder anch'io" (Damira) de la Verita in Cimento, et "Se a me rivolge il ciglio" de la cantate Amor hai vinto pour contralto. Seul le magnifique "Abbia respiro il cor" présente un intérêt certain car il est reconstitué à partir du mouvement lent du concerto pour cordes RV136, enregistré aussi sur le disque.

En ce qui concerne alternatifs, je m'opposerai en revanche au jugement du même Vincent Borel, qui prétend qu'il n'y a quasiment aucune nouveauté dans ce volume. Si les textes des airs nous sont déjà bien connus, la musique est sensiblement différente. Bien qu'elle se situe toujours dans le même registre que l'air original, elle en varie la mélodie, les harmonies, parfois légèrement le caractère ("Mi vuoi tradir lo so" de la Verita plus incisif et heurté, "Vedi le mie catene" enfin différent des autres "Brami/Stringi/Vedi le mie catene",...). Pour autant, l'inspiration n'en est pas forcément meilleure, et ce n'est pas toujours à un Vivaldi particulièrement en verve que nous avons affaire. Mais on ne peut pas demander à des compositeurs de cette époque d'être des génies dans chaque page, et à ma connaissance, aucun n'y est arrivé.

Les deux airs tirés de Scanderbeg sont d'un intérêt plus évident. Non seulement parce qu'ils consituent des inédits absolus : ce sont les deux seuls vestiges de cet opéra monté pour la réouverture de la Pergola de Florence. Au flamboyant "Con palme ed allori" s'oppose le doux "S'a voi penso, o luci belle", triste lamentation avec basse continue et violons à l'unisson. Les deux récitatifs précédant les airs sont enregistrés par Prina chantant les deux personnages. C'est étrange, d'autant qu'on n'a pas les textes en entier !

Tiens, Prina, parlons-en : c'est tout de même l'artisane de ce disque. Eh bien, elle a ses qualités et ses défauts. On reconnaîtra la qualité de sa diction, la tenue du souffle, son timbre si singulier et immédiatement reconnaissable, ainsi que ses talents de musicienne. Cependant, il faut bien avouer qu'il plâne sur ce récital un peu d'uniformité qui nuit à l'ensemble. Prina ne caractérise pas assez les personnages qu'elle incarne et ne varie pas beaucoup le chant ni les couleurs. L'orchestre également, malgré de belles qualités dont je parlerai plus loin, manque de variété et l'association plonge le disque dans une sorte de suite de morceaux sans beaucoup de relief.
De plus, la voix de la contralto passe visiblement au concert qu'au disque, où l'on a l'impression qu'elle manque de largueur mais aussi d'éclat. En comparant le "Sarai qual padre mio" avec le "Vorrei veder anch'io" de Nathalie Stutzmann, ces manques sont assez évidents.

En complément de programme, on a deux concertos, l'un pour cordes, l'autre pour violon. Dans le premier (mais également dans tout le disque !), on peut apprécier les qualités grandissantes de l'Accademia Bizantina, qui ne cesse de s'affuter : belle homogénéité, vivacité, virtuosité,... Cependant, on pourrait lui reprocher de virer au Vivaldi tape-à-l'oeil : ainsi certains morceaux ("Per lacerarlo", menuet du concerto pour cordes,...) se trouvent quelque peu malmenés par une brutalité autrefois moins envahissante. Autre défaut : il manque toujours à mon sens un peu de rondeur, de chaleur à leur son par ailleurs rapidement reconnaissable. Personne dans Vivaldi n'a encore atteint la perfection de style et de ton du Concerto Italiano d'Alessandrini.
Le Concerto pour Violon trouve en Stefano Montanari un soliste juste, précis, pas aussi impérial qu'un Biondi ou un Carmignola, mais de très bonne tenue, au son plein et chaud.

En conclusion, un disque pas exempt de qualité, mais un peu gris et uniforme, sans grand relief.
On peut également s'interroger encore sur les choix de NaÏve quant aux programmes de ses disques Vivaldi : à ce rythme-là, en enregistrant 4 fois les mêmes airs, et en ne publiant des concertos pour violon qu'à coup de six par an, l'intégrale risque de ne pas arriver à son terme avant longtemps...



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Mercredi 6 août 2008
publié dans : Fourre-tout et rien
par magicalme
C'est avec une joie sans borne, et tout de même un peu d'appréhension, que je commence cet article inaugural, moi, humble moitié du créateur de ce blog! Vous aviez sans doute déjà commencé à mettre en doute mon existence! (Après tout, on peut même douter de la réalité , comme le suggèrent les frères Wachowski, grands penseurs de notre temps!)

Ceci constitue ma première expérience blogifique: elle ne sera sans doute pas sans maladresses, mais pas sans améliorations non plus, je l'espère (restons positifs après tout!), étant moi-même animé par l'envie d'écrire, comme l'a rappelé mon co-auteur lorsqu'il a narré précédemment la genese de ce blog.

Un blog, c'est bien beau, quand c'est beau, mais quel en sera le contenu , me demanderez-vous, la pupille brillante et le coeur empli d'espoir. Vous avez déjà eu un petit aperçu avec le grand SuperGarfield, et vous avez donc bien compris que nous ne parlerons pas de lessive en poudre senteur pin ou de répliques en terre cuite de castors empaillés. Néanmoins, mes champs d'investigation seront, je crois, différents de ceux de SuperGarfield, et cela malgré le fait que nous ayons une certaine culture en commun, cinématographique et artistique (pauvre petit violoncelliste que je suis, je partage aussi un peu la culture classique!).
J'aurai donc l'insigne honneur -non exclusif tout de même!- de remplir la rubrique théâtre (en bon littéraire qui se respecte)) de comptes-rendus de mes multiples expériences, théâtrales ou scéniques en général, ainsi que la rubrique de musique, dite "pas classique" dans le monde des connaisseurs, avec mes chroniques de disques emplis de "bip-bip" et de "clong clong" ! Mais tout comme mon cher et tendre, je ne saurai me limiter à ces simples catégories, et la nature de mes écrits sera aussi variable que les conditions météorologique (mais ils seront, j'espère, plus intéressants que la météo marine!).


Comme l'a dit Leibniz en 1662: "Qui vivra verra, sauf s'il est aveugle ou qu'il est mort!"

Bon vent!


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Mardi 5 août 2008
publié dans : Delirium tremens et réflexions philosophiques
par SuperGarfield
Je peux dire, sans honte aucune, que j'ai envisagé plusieurs fois la question. J'ai retourné le problème plusieurs fois dans ma tête. J'ai analysé toutes les situations possibles. Il me fallait des heures de méditation pour parvenir à extraire du galimatias incessant que mes pensées formaient un seul mot recevable, que dis-je, supportable, cohérent, réaliste (et sans doute par-là, éternel). Alors je le prenais, je l'écrivais, je le regardais. Il perdait tout son sens, puis le retrouvait, puis le perdait à nouveau. L'absolu était devant moi, le Sens, le vrai, la définition même de ce que je pouvais appeler la Signification.

Alors je me suis arrêté. J'ai réfléchi. L'ascèse fut priapique : longue, dure, douloureuse. Je ne mangeais plus. Je ne buvais plus. Ou plutôt si : je mangeais Sens, je buvais Sens. Les lettres, vulgairement étalées sur ce factice bout de papier répugnant de fadeur, cachaient sournoisement une réalité, la Réalité, celle de tout un monde, tout un espace, tout un univers détruit en sa chair-même par les vicissitudes de l'existence vivante.

Le concept, lui, est mort. Mort donc éternel. Il naît, et ne grandit plus jamais. Il est là, il est beau, il n'a pas mauvaise haleine le matin. L'Homme, mais aussi l'Animal, le Végétal, tout ce qui n'est pas concept mais création vivante, ne peut que disparaître devant l'éternité de ce que l'on suppose être l'Immuabilité. Et ça l'est. La vie, la vraie, il ne faut pas la chercher au champ, mais dans le Sens. Au carrefour des énergies positives que déploient les concepts toujours bienveillants, l'Etre trouve l'accomplissement le plus total, le plus attendu, et pourtant le plus ignoré qui puisse exister.

Et alors, je réfléchissais. Je me torturais l'esprit à vouloir accepter une condition humaine à présent insoutenable. C'est Dieu qui m'avait touché et qui m'appelait, me démontrant par une simple connexion spirituelle que je n'étais pas un simple organisme, mais bel et bien un concept qui s'ignorait. Nous sommes des concepts qui s'ignorent. Et c'est là que réside notre plus grande faiblesse : l'ignorance est un mal qui sévit dès lors que la connaissance disparaît, ainsi que la conscience. Elle s'immisce dans notre corps, dans notre esprit, et détruit toute perspective de rédemption tant que la remise en question de soi n'a pas opéré.

Et je pensais. Je réfléchissais. Je regardais ces lettres. J'observais mes pensées. Et je comprenais.

J'avais enfin atteint le point le plus élevé de la connaissance universelle. Et dès lors, ce n'était que chute irrémédiable et inévitable. Je n'allais faire que tomber.

Dieu m'a tendu la main et m'a dit : "Sors ! Sors de ton enveloppe corporelle, sors de ton esprit humain et vient me rejoindre au Firmament. J'ai fait des frites pour le repas."

                                 

(Ndr : merci à Guillaume pour le choix ô combien pertinent de la vidéo)


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Vendredi 1 août 2008
publié dans : Cinéma
par SuperGarfield


Il me coûte beaucoup d'ouvrir la section cinéma de ce blog avec L'incroyable Hulk, mais comme j'avais envie de déverser mon fiel, c'est l'exutoire tout trouvé.

"Hola !", me direz-vous. "Etait-ce si nul ?" Non, bien sûr, non. Dans le genre grosse production qui pue le fric, mais sûrement pas le talent, il y a eu bien pire. Je pense à SpiderMan 3, par exemple, dernier véritable traumatisme en date, talonné de peu en terme d'agacement personnel par le récent Narnia 2. Mais enfin, mon voisin de gauche durant la projection dira ce qu'il voudra, c'est pas le plus grand cinéma qu'on puisse espérer.

Monsieur Pop-Corn, qui est comme chacun le sait, l'inventeur des bonbons Haribo, a de quoi se réjouir ! Non seulement Hollywood produit des milliers de films uniquement destinés à faire augmenter son chiffre d'affaires, mais ces petits cons de Français Anti-américains primaires s'y mettent aussi. Qui plus est, des frenchies avec un nom pur cru : Louis Leterrier, ça ne s'invente pas. On n'est pas loin du bel André Lepâté dont Christian Clavier était affublé dans les sûrement mémorables Visiteurs en Amérique. Mais je ne suis pas là pour me moquer du nom du réalisateur, ce serait un peu mesquin. Alors, attaquons le film, même si c'est un peu facile.

L'histoire ? Elle est simple. Bruce Banner (Edward Norton) vit dans les bidonvilles de Rio de Janeiro, en exil forcé après avoir été transformé en monstre par sa propre faute si j'ai bien compris (ce qui n'est pas sûr). Il vit caché, essayant d'échapper à la méchante armée américaine, conduite par le père vil et fourbe (William Hurt) de son ancienne copine (Liv Tyler). Paraîtrait-il qu'il possèderait des documents et des connaissances présumés top-secret et très importants pour l'armée (sans doute que le Pentagone voudrait en découdre avec l'Irak avant le départ de Deubeuliou). La copine de Banner a assisté à la contamination de ce dernier et ne l'a plus revu depuis. Banner ne l'a donc pas vue non plus. Il est donc malheureux, ce qui expliquerait sans doute pourquoi à aucun moment on ne voit Bruce aller draguer un travelo (cela aurait pourtant pu donner du fun au film, en inscrivant le héros dans un malaise sexuel latent, mais qu'importe).
Forcément, l'armée le retrouve, le poursuit, l'énerve et le voilà qui se transforme en HULK ! Inutile de vous dire que ce Géant Vert-là ne cultive pas les haricots OGM. Il hurle, il parle un peu parce qu'il est mi-humain quand même, il frappe, il fait du kung-fu, il roule des mécaniques, gonfle un peu les pectoraux, mais on n'est pas dupe : Edward, on t'a reconnu (notez qu'à aucun moment nous ne voyons Hulk jouer aux échecs, ce qui prouve qu'il est un peu con, et laisse imaginer qu'un accident aurait rendu son père fou et qu'Eli Wallach aurait traité sa mère de "Reine des putes" lorsqu'Edward Norton jouait un petit rôle dans un Sergio Leone, les échecs réveillant donc ces malheureux souvenirs à ce pauvre qui n'a pas été épargné par la vie, décidément).

Après, c'est le cinéma classique : poursuite, bataille, Hulk invincible, tout ça tout ça. Intervention d'un soldat d'élite Russe (décidément, toujours des Russes, même quand c'est un Français qui réalise : il n'a pas dû digérer l'élection d'un maire Communiste dès le premier tour à Dieppe), qui va lui péter la gueule, tout ça, tout ça. Il boit de la vodka, mange du caviar, danse sur Casse-Noisette mais choper le Hulk, il y arrive pas. Alors on lui met un produit pour le rendre sur-homme, et puis encore un peu. Et il devient dépendant. Puis il va voir un scientifique qui guérit Bruce 10 minutes avant, et lui demande de lui injecter le sang de Hulk. Comme le scientifique est sous la menace, il s'exécute, et notre sympathique Bolchévique devient un monstre plus gros et plus vert que Hulk lui-même.
Bruce Banner, sentant qu'Abomination (le deuxième monstre, donc, qui a un nom vraiment sans imagination) marche sur les traces d'un Godzilla, consent à rendosser son costume de super-héros, l'ironie de la chose étant qu'il se retrouve à poil à chaque fois, à force d'exploser ses vêtements en grossissant. Et là, duel final, mon Dieu, mon Dieu, qui va gagner ? On retient son souffle, on regarde sa montre, on pense à la fenêtre qu'on a oublié de fermer en partant, et la bataille se finit, Hulk a gagné, devient un héros, mais retransformé en bestiole verdâtre, il s'enfuit et recommence sa vie de bohème.

Et la pauvre Liv Tyler (superbe potiche, ceci dit !) continue son existence sans intérêt en attendant le prince presque charmant. C'est à parier qu'il y aura une suite, dis-donc.

Ah c'est beau, ah c'est plein de bons sentiments, de niaiserie, de "je t'aime mais c'est impossible" ! Et la musique : un régal, une surprise permanente ! Non, franchement, on ne s'ennuie pas, c'est vrai. Je dirais même qu'on se distrait presque ! Après, face à Lynch, ça tient pas la route, mais honnêtement, en vue d'une superproduction Marvel, il est périlleux pour le bon déroulement de la soirée d'attendre quelque chose d'extraordinairement fouillé. Si le réalisateur avait voulu faire plus, ça se saurait : il serait resté en France.

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Mercredi 30 juillet 2008
publié dans : Musique classique
par SuperGarfield
Antonio Vivaldi -La fida Ninfa
Théâtre des Champs-Elysées, 5 mai 2008

Ensemble Matheus, direction Jean-Christophe Spinosi
Morasto : Veronica Cangemi
Licori : Sandrine Piau
Oralto, Eolo : Lorenzo Regazzo
Elpina, Giunone : Barbara Di Castri
Osmino : Philippe Jaroussky
Narete : Topi Lehtipuu

Je sais, faire la critique d'un spectacle au bout de presque trois mois, ça ne sert strictement à rien. D'autant que mes souvenirs de cette soirée ô combien mémorable (hum...) ont dû s'estomper. Mais comprenez-moi : l'actualité des concerts est assez pauvre l'été, si on ne va dans aucun festival. Et comme nous avons loupé celui de Montpellier pour cause de flemmardise et de programme modérément attrayant, je me rabats sur cet opéra de Vivaldi qui promettait d'être une bonne soirée.

Pour une fois, on parle des interprètes en premier. Et dans l'ordre croissant. Dans cette distribution assez luxueuse, Barbara Di Castri était évidemment en position de faiblesse. Ce n'est pas qu'elle manque de tempérament, ni d'une belle voix, mais on sent que la technique est en-deçà de ses copains chanteurs de la soirée. L'émission est un peu fermée, les vocalises (elle en avait peu toutefois) plutôt laborieuses. Cela dit, on peut lui accorder que c'était celle qui était la plus impliquée scéniquement parlant. Et tant pis si ses jeux de bras, de poitrine et ses oeillades malicieuses devenaient un peu systématiques, au moins, elle y mettait du coeur ! En Giunone, partie humoristique s'il en est, elle cabotine très bien, et on se marre bien grâce à ses pîtreries et celles de ses partenaires, ainsi que du chef !

Philippe Jaroussky... comme l'a remarqué Amadis sur son blog, c'est grâce à Fifi (ou plutôt, à cause de lui) que la salle était presque complète. J'aurais du m'en douter : lorsqu'on est allés chercher les places en février, on a eu droit qu'à 2 strapontins à 30 euros, de côté, assez mal placés... Et tout ça, à cause de Jaroussky, et des petites vieilles qui admirent ses pochettes ringardes et efféminées (mais pas trop, sinon, elles iraient voir Cencic !). Et honnêtement, en valait-il le déplacement ? Non. Vu l'épaisseur de son rôle, on pouvait se passer de dépenser 120 euros pour l'entendre chanter (bien, il faut l'avouer) 20 minutes sur 3h30. Mais enfin, je ne suis pas dans la tête de ces veuves qui s'ennuient en espérant retrouver l'amour dans les bras d'un joli garçon comme lui, donc je ne m'étonne pas que certain(e)s soient au bord de la pamoison dès qu'il entonne deux lignes de récitatif. Et puis franchement, pourra-t-il un jour incarner un méchant crédible ? Il en réduit à faire les amoureux transis et assez transparents, ça en devient lassant...

Dans un rôle exigeant, on pouvait beaucoup espérer de Veronica Cangemi. Ou du moins, quand comme moi, on ne la connait que par le disque. J'avais encore en tête son époustouflant "Agitata da due venti", merveilleuse enregistrée à mes oreilles. J'imaginais donc qu'elle serait sur scène à la hauteur de ce qu'elle était sur disque. Bon, je l'admets, ce fut une légère déconvenue. Elle chante très bien, très belle voix, elle excelle dans les déplorations (formidable "Dite, oimé" !). En revanche, quand ça galope, elle est un peu dépassée. Son "Destin Avaro", air de pure pyrotechnhique vocale, fut modérément convaincant : elle se sortait tant bien que mal des vocalises, mais l'émission du son et la justesse étaient un peu oubliés, et c'est dommage. Il faudra voir avec le disque...

Ah, Lorenzo Regazzo ! Je ne connais que peu de choses de lui, mais quelles choses ! Son Astolfo de l'Orlando Furioso, et son récital chez Naïve. J'ai toujours apprécié sa voix chaude et profonde, son intelligence et son intelligibilité, ainsi que son grand sens de la musique. Je n'ai pas été déçu ce soir-là : malgré quelques petites errances dues au concert, sans doute, il s'est pas mal distingué par son incarnation passionnante et son chant de grande qualité. En Eolo, face à Di Castri, il a fait preuve d'humour autant que sa collègue, et a donné vie à cette dernière partie un peu longuette.

Dans le rôle-titre, Sandrine Piau a fait merveille. Il faut dire qu'elle aussi est une chanteuse très intelligente, qui connaît ses limites, sa voix et qui ne s'aventure pas n'importe où. On peut ne pas être sensible à son timbre parfois un peu acide ou serré, mais là encore, quelle incarnation, quelle vie ! Son fameux "Alma Oppressa", manquant peut-être de largeur, n'en restait pas moins convaincant, vivant, tourmenté,... Dans les autres airs, elle fait preuve de la même sûreté, et ses airs lents sont extraordinaires de beauté. Et puis, osons le dire, elle est assez resplendissante !

Mais alors, s'il y en a un qui m'a marqué, c'est bien Topi Lehtipuu. Je ne le connaissais que de nom, et par les critiques qui le présentaient comme un ténor très très prometteur : là, je ne m'attendais pas à un tel niveau ! Quelle sûreté, quel beau timbre, quel musicien ! Dommage qu'il n'ait eu qu'un rôle assez modeste, car il méritait vraiment toutes les ovations qu'il a récoltées aux saluts. Ouitre le merveilleux trio avec ses deux filles (Piau et Castri), son air le plus marquant était évidemment "Deh ti priega, deh consenti", un des plus beaux airs de Vivaldi que j'aie entendu depuis longtemps. Dès le début, j'ai senti qu'il allait se passer quelque chose. Ce motif pointé des cordes répété inlassablement, sur lequel vient se greffer le chant extatique de Lehtipuu ! Cette finesse, ce sens du texte, de la déploration...Ce fut un moment en apesanteur, magique, qui a remporté tous les suffrages. Dommage qu'il ne se soit pas investi plus physiquement dans son rôle. Je suis d'ailleurs très déçu de voir qu'il ne chantera pas Orphée de Gluck la saison prochaine au TCE. C'est nul ! Et puis, honnêtement, rien que pour revoir son physique assez... miam, je paierai 50 euros !

Bon, et l'orchestre ? Ah ah ! l'orchestre... Ben, fidèle à lui-même. Une belle homogénéité, pas mal de virtuosité, d'investissement, de précision. Mais les Matheus dirigés par Spinosi ne sont plus que la caricature agaçante d'eux-mêmes. C'est sec, c'est emporté. Certes, ça ne claque plus comme avant, ce n'est plus aussi m'as-tu-vu (encore que...), mais l'époque Griselda est finie, et le cocktail qui plaît enfin trouvé et concilié avec les critiques, on use et abuse de ces sales habitudes. Un peu de largeur, que diable ! Où sont le faste du Concerto Italiano, la beauté de l'Accademia Bizantina ? Même Il Complesso Barocco sonne mieux !
Et puis Spinosi, en voilà à qui la célébrité est montée à la tête. Avant, il faisait le m'as-tu-vu de façon musicale, maintenant qu'il s'est assagi, c'est visuellement qui fait le cirque. A-t-on besoin d'un pantin qui gesticule de la sorte pendant un air lent ? A-t-il besoin de prendre une pose recueillie aussi ridicule pendant le "Dite oimé", et de la tenir aussi longtemps après la fin de l'air ? Sa direction est franchement vaine, et il faut qu'il sache que bouger dans tous les sens n'a d'utilité que si chaque geste à une signification ! Certains ensembles jouent mieux que le sien sans avoir pour autant une marionnette possédée par l'esprit sans doute pas si extravagant de Vivaldi !

Bon, mais malgré toutes ces qualités (parce qu'il y en avait, côté distribution !), la sauce ne prend pas. On s'ennuie ferme. Vraiment. Cela coûte à un Vivaldien chevronné comme moi de le dire, mais je crois que c'est à cause de l'oeuvre. Le texte de Delamea nous prévenait : le Rouquin a accepté un livret plus allongé et plus tortueux pour les beaux yeux du Prince à qui il destinait l'oeuvre, mais là ! L'intrigue est pire encore que celle d'Atenaide, elle atteint presque le Jules Cesar de Haendel, dans le genre "récitatif de 15 secondes puis air de 10 minutes". Comme l'imitait si bien le Jérôme qui, je l'espère, va commenter cette représentation que je l'ai quasiment forcé à aller voir : "Tiens, voici la clé !" ---> air. "Merci beaucoup" ---> air. "Oh, un nuage" ---> air... Cela pourrait passer un peu mieux, si ce n'était pas du Vivaldi au kilomètre. Il n'a peut-être pas composé 400 fois le même concerto, mais dans cet opéra, on doit bien avoir 12 fois le même air ! La plupart n'étaient pas efficaces, longuets, pleurnichards, inutiles, bref... Sorti des excellents "Alma Oppressa", "Deh ti priega, deh consenti", "Dite oimé" et du trio à la fin du premier acte, c'est assez inintéressant. La bonne volonté des chanteurs n'y pouvant rien, on attend, on subit les airs pour attendre les quelques pépites qui parsement cette oeuvre longuette.
Même le formidablement difficile "Destin avaro" est ennuyeux au possible : de la virtuosité, certes, mais au kilomètre ! On sent que c'est juste pour épater la galerie, à la manière napolitaine, mais sans souci d'invention... On est loin du "S'impugni la spada" de Prina qui nous avait tant subjugués tous les deux lors de Motezuma.

Ce que je comprends le moins, c'est que le public, qui applaudissait mollement à la fin des airs, a réservé un triomphe aux interprètes lors des saluts. Comment ont-ils fait pour passer un bon moment ? Ce doit être grâce aux pitreries de la dernière séquence, et au cinéma de Spinosi. Et comment les critiques (genre ForumOpera peuvent-elles trouver que c'est une belle oeuvre qui marche au concert ? Ca m'évoque Sardelli qui nous explique qu'Atenaide est "l'un des operas les plus extraordinaires de Vivaldi". Diantre, que dire alors des Orlando ou de l'Olimpiade ?

Bref, en conclusion, même si on gagne au change avec Lemieux à la place de Castri, je n'achèterai pas le disque (surtout que niveau durée, on n'est pas loin de la Tétralogie...il faudra 7 disques pour graver tout cela ! D'autant qu'ils ont coupé des récitatifs... Aïe aïe aïe...). En plus, Ferrari est annoncé, et après Lehtipuu, ça risque de mal passer.
Ce que je regrette le plus, c'est tout de même d'avoir emmené mon cher et tendre, ce qui risque de comprommettre nos sorties Vivaldiennes l'année prochaine... Tant pis, j'irai tout seul !

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Lundi 28 juillet 2008
publié dans : Musique classique
par SuperGarfield


Concerti per violino "Di sfida", Anton Steck (violon), Modo Antiquo (dir, F.M. Sardelli). [Naïve, 2007]
(concerti RV 232, 264, 325, 243, 353, 368)

Mmmh, histoire de marquer mon territoire, et d'annoncer la couleur, je critique un disque de... Vivaldi ! Si, si.

Il s'agit d'un de mes récents achats dans un répertoire qui peut s'avérer difficile à supporter sur la longueur. Soyons d'accord, un concerto pour violon de Vivaldi, c'est génial. Six mis bout à bout, c'est nettement moins marrant. J'avais déjà fait l'expérience avec les disques, encensés par la critique, de Carmignola et le Venice Baroque Orchestra. Certes, la maîtrise instrumentale est époustouflante, l'orchestre savoureux et les pièces rares et réussies, mais au bout du moment, on a l'impression que tout se ressemble.

Avec ce disque d'Anton Steck, parution de l'excellente intégrale Vivaldi de Naïve, rien de la sorte ! Il n'y a que six concertos (c'est peu, surtout s'ils espèrent enregistrer les 220 concertos du Rouquin, à ce rythme-là, ils n'ont pas fini !), mais tous sont suffisamment caractérisés pour maintenir l'attention d'un bout à l'autre. Le thème de ce disque était celui du défi. Ces concertos présentent en effet une difficulté particulièrement conséquente pour la partie soliste, bien éloignée des concertos de l'Estro Armonico, par exemple. Ici, c'est l'explosion virtuose permanente, un feu d'artifice, de pyrotechnie, avec arpèges, gammes, tierces, sauts d'octave voire bien plus,... Le concerto "Senza Cantin" interdit par exemple l'utilisation de la chanterelle, corde la plus aiguë du violon, ce qui oblige le soliste a monté dans des positions très élevées sur les autres cordes.
Bref, pour ceux qui aiment la vraie virtuosité, ils seront servis ! Notamment avec le dernier concerto du disque, RV 368, qui est délibérément un concerto pour briller (ou plutôt méduser, tant la difficulté y est grande) : il serait le plus difficile jamais écrit par Vivaldi. L'écriture y est rudimentaire mais le soliste est mis constamment en péril. A l'écoute, c'est ahurissant de difficulté, impression confirmée par Anton Steck dans l'interview qui accompagne le disque, lequel avoue avoir changé de vision à propos de la musique de Vivaldi et de sa difficulté.
Mais cette virtuosité débridée serait creuse sans le talent déjà prouvé du Prêtre Roux. Là encore, on est subjugué par sa science des couleurs, des accompagnements, des mélodies, de la construction des pièces. C'est une musique difficile mais tellement gratifiante ! Tantôt enlevée, rêveuse, angoissée ou haletante, on ne s'ennuie pas une seule seconde, malgré les manies Vivaldiennes, les formules qui se répètent d'un concerto à l'autre,... avec les mêmes ingrédients, le Vénitien réinvente quelque chose de nouveau à chaque fois. Cependant, curieusement les mouvements lents sontles moins intéressants, chose tout à fait inhabituelle chez Vivaldi !

Mais alors, Anton Steck, comment s'en sort-il ? Pour être honnête, lorsque j'ai entendu parler de ce disque, j'étais un peu sceptique face à cet inconnu (tout de même premier violon du Concerto Köln) : allait-il s'en sortir face aux Biondi ou Carmignola ?
Après des tas d'écoutes, la réponse est définitevement oui. Certes, il ne maîtrise pas aussi bien l'instrument que Carmignola, lequel possède une sonorité pure, une technique irréprochable et un sens de la musique évident. Steck peine parfois dans les traits, s'autorise quelques légères défaillances de justesse, mais comment lui en tenir rigueur au vu d'oeuvres si difficiles ? D'autant que le musicien y met une fougue tellement imposante que l'on a du mal à ne pas se laisser emporter par son bonheur de jouer, de faire vivre cette musique qui peut facilement tomber dans le conventionnel si on n'y prête pas garde.
Steck nous sert un Vivaldi de feu et de sang, mais sans utiliser d'effets brutaux, de nuances exagérement contrastantes. Ici, c'est la fougue, mais naturelle.

Il faut dire qu'avec Sardelli, fervent défenseur des interprétations mesurées de Vivaldi, Steck est bien entouré. On a pu être déçu par le chef italien dans Atenaide, voire dans le disque des Arie d'Opera du même label, mais ici, sa rigueur qui ne tempère nullement son appétit fait merveille. L'orchestre est souple, fin, vivant, présent, portant le soliste avec ferveur. L'utilisation du basson à la basse continue est une bonne idée, car elle apporte une touche boisée et une couleur nouvelle dans cette musique.

Pour conclure cette critique, je dirai donc qu'en dépit de ses quelques faiblesses, ce disque constitue à mes yeux la meilleure manière d'aborder les concertos pour violon de Vivaldi.

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Lundi 28 juillet 2008
publié dans : Musique classique
par SuperGarfield


Allez, j'inaugure la section classique par des généralités. Des généralités ? Sur quoi, au juste ?

Allez, grosso modo, mes goûts, mon parcours, mes envies,...

Que vous soyez prévenus : avec moi, vous allez bouffer du Vivaldi, du Philip Glass, mais aussi plein d'autres choses géniales et moins géniales. Je suis assez ouvert en ce qui concerne la musique classique. Simplement, je suis jeune (pensez bien, à douze ans, que connaît-on ?), relativement peu fortuné, donc les concerts, les opéras, les spectacles se font rares dans mon agenda. En revanche, les disques sont achetés à la pelle par moi-même, ainsi que par mon bien-aimé, donc il y a matière à critique.

Je m'intéresserai à peu près à tout, à ce que je connais, bien évidemment (j'en parlerai sans doute avec plus de pertinence !), mais aussi ce que je découvre, sur quoi je ne m'interdirai pas non plus de donner mes impressions de néophythe. Je ne prétends pas faire quelque chose d'aussi exhaustif que Licida dans son propre blog déjà précité dans le premier article de ce site, mais je n'y parlerai pas que d'opéra à l'inverse de lui. Donc, Licida, si tu lis un jour ce blog d'un modeste et discret admirateur, je ne ferai pas de concurrence ! ;-)

Je précise que je suis étudiant musicien (bassoniste) envisageant de faire de la musique son métier, donc que je baigne dans ce milieu depuis fort longtemps et que ça m'a forgé quelques exigences et connaissances techniques assez profitables, je dois bien l'avouer. Pour autant, je ne me considère pas comme la vérité universelle, et à l'instar du blog que je cite décidément beaucoup, j'accepte des points de vue différents du moment qu'ils sont exprimés intelligemment.

Bon, concluons cet article inutile et généraliste et rentrons dans le vif du sujet.

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Lundi 28 juillet 2008
publié dans : Fourre-tout et rien
par SuperGarfield
Chers amis, bonjour.

Amis parce que ceux qui liront ce blog seront forcément plus des amis que des ennemis. Non, contrairement à ce que le titre de ce premier article pourrait faire penser, ce blog ne sera pas un déversoir de publicité masquée sous des références éminemment culturelles.

Pourquoi un blog ? Et pourquoi ce blog ? Facile : j'en avais envie. Et j'estime que c'est déjà une bonne raison ! Bon, je développe : en lisant le blog passionnant de Licida, ici-même, j'ai eu envie de me lancer moi aussi dans un site qui ferait plein de critiques de spectacles, opéras, disques, mais aussi, pourquoi pas, de cinéma.
Et puis, l'envie de me remettre à écrire un peu. Ayant abandonné mon ancien blog dont je ne vous passerai pas l'adresse (mais elle est aisément retrouvable...), plus rien pour écrire, et pas forcément le temps ni le courage d'utiliser le papier. D'autant que je ne suis pas forcément imaginatif, ce qui implique que pour me livrer à l'écriture, il me fallait un prétexte. Le voilà donc tout trouvé.

Et puis, et puis, j'ai laissé traîner, j'ai attendu, je me suis dit qu'un site qui ferait aussi "journal intime que tout le monde peut lire", ce serait pas mal. Mais je vous rassure, vous n'aurez pas à lire ma vie en entier, simplement quelques réflexions sanguinolentes et acerbes, mais aussi humoristique voire débiles.

Et puis, encore plus tard, mon cher et tendre a évoqué la possibilité de co-signer un blog. Comme lui a envie d'écrire, je ne peux lui refuser cette possibilité, qui de plus me tente beaucoup.

Donc, c'est lancé, on y est, bravo bravo, le petit enfant est né ! Youkaïdi. Vous aurez donc des critiques de concerts, d'opéras, de disques classiques mais je l'espère aussi de musiques actuelles, grâce au concours du co-signataire de ce blog (parce que moi, je suis bien moins placé que lui pour en parler). Et puis quelques écrits, dont je ne connais personnellement pas la teneur.

Bon, ça y est, j'ai fait le premier pas, on va s'amuser. Foi de bassoniste.

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