Théâtre

Vendredi 31 juillet 2009
- Publié dans : Théâtre
Par magicalme
Cette journée à Avignon, partagée entre le Off et le In, commençait par un spectacle, du off donc, adapté de la pièce de Maurice Mæterlinck, L'oiseau bleu, par la compagnie du Théâtre du Kronope. Cette adaptation mettait en scène deux comédiennes, ainsi qu'un musicien sur scène, utilisant à la fois des instruments réels et des sons pré-enregistrés. L'histoire de cette pièce, sans doute la plus connue de Mæterlinck (si tant est qu'il soit aujourd'hui connu pour autre chose que ses mivrets d'opéra pour Debussy et Dukas), est celle d'un jeune homme parti à la recherche de l'oiseau bleu, sensé apporter la connaissance universelle à celui qui le capturera. Sur son chemin, il rencontre une vieille femme âgée de quatre-vingt dix neuf ans, une sorte de fée qui l'accompagne dans sa quête. Quiconque lui déclarera quelle est belle mourra. Pourtant, au fur et à mesure de leur progression, à travers des paysages différents, le jeune homme se rend compte que ce qu'il trouve dépasse largement la simple connaissance, et il apprend à voir ce qui s'offre vraiment à ses yeux. La pièce devient alors tour à tour une réflexion sur le bonheur, l'amour, la mort, ou la naissance, entre autres, jusqu'au dénouement final.



 L'approche de la metteuse en scène et interprète, Joëlle Richetta, basée sur un travail du masque et des costumes, très fouillés, met en lumière à la fois les moments très enfantins de la pièce, mais aussi la réflexion profonde que celle-ci développe. S'enchainent ainsi des moments d'une rare poésie: un tube de tulle éclairé dans lequel avancent les deux personnages suggère ainsi la brume du « pays des souvenirs » où le jeune garçon retrouve les morts, les fantômes de ceux qu'il a connus; une sphère lumineuse et blanchâtre, qui représente le monde des gens à naître, et la lumière qu'ils apporteront sur le monde par leur savoir...

Cela ne serait pourtant rien sans l'énergie des interprètes, Joëlle Richetta, en tête, qui sert magnifiquement son rôle de fée et vieille femme, ainsi que les autres personnages qu'elle figure par le biais de masques ou de costumes différents. Le ton est tantôt grave, tantôt emporté par un élan de poésie, avec une variété de registres toujours à propos. Elsa Stirnemann-Coqueran, dans le rôle du jeune homme, fait montre d'un jeu un peu moins nuancé et subtil, mais cela a sans doute trait au rôle, beaucoup moins varié. Quant à Giulio Berutto, il contribue fortement avec ses musiques « de scène » à la réussite de l'ensemble, et n'est jamais par-dessus le jeu des acteurs, soulignant simplement au contraire le fil narratif par ses ambiances sonores. Une très bonne surprise donc que ce spectacle. 



Le deuxième gros rendez-vous de la journée, après un spectacle de Baratha Natyam plutôt reposant et réussi, était, dans le in cette fois, la mise en scène par le cinéaste Christophe Honoré de la pièce de Victor Hugo, Angelo, Tyran de Padoue. Pièce peu fréquente dans les programmations, à l'intrigue rocambolesque comme seuls savent les faire en principe les auteurs de livrets d'opéra, Angelo... met en scène le Tyran précité, qui exerce sa domination sur les femmes: la sienne, Catarina, qu'il n'aime pas et tient cloîtrée depuis leur mariage, et sa maîtresse , une actrice nommée La Tisbe, qui déclenche chez lui une jalousie maladive, alors que celle-ci ne l'aime pas, étant éperdue d'un autre (Rudolfo) qu'elle fait passer pour son frère, et qui, lui, est amoureux de Catarina qu'il n'a pas vue depuis sept années. (ouf!) Un amant éconduit de sa femme, Homodei, lui tend un piège, déclenchant la jalousie vengeresse du mari, et La Tisbe se retrouve tiraillée entre le désir de nuire à la femme et l'envie de protéger celui qu'elle aime, même si elle n'est pas aimée en retour. S'ensuivent des rebondissement tous plus inénarrables les uns que les autres: faux poison, meurtre du conspirateur etc.



  Ce qui surprend, ou ne surprend pas à dire vrai, d'emblée, dans la mise en scène, c'est sans doute le ton très « Avignon in »: le premier acte se déroule ainsi durant une fête mondaine, musique pop-rock à fond, costumes haute couture (de Yhoji Yamamoto) déstructurés... En fin de compte, cela correspondait bien à l'idée que je me faisais du « in »: quelque chose de volontairement revu au goût du jour, parfois un peu « posé », se voulant « tendance » …  Ce n'était pas une mauvaise chose, dans le fond, pour ce qui est d'Angelo, et cela n'a pas nuit à la pièce, étant même de bon aloi, puisque fonctionnant au fond relativement bien. La frayeur initiale que j'ai ressentie venait bien plutôt des acteurs: la voix de la pourtant remarquable Clotilde Hesme (La Tisbe) n'a sûrement pas dépassé le troisième rang pendant les dix premières minutes de la pièce, ni celle de Marcial di Bonzo Fo (Angelo). Mais, passés ces quelques moments, grâce aussi sans doute à l'agitation propre à l'intrigue, les choses se sont déliées, et définitivement améliorées pour la suite du spectacle.

 Il n'y avait alors plus qu'à se laisser porter: la mise en scène, sans être foncièrement très fouillée, était tout à fait efficace; le décor, un échafaudage qui permettait de laisser coulisser au sol deux plateaux représentant un salon et une chambre, visibles même repoussées sur le côté, n'y était pas pour rien. Dommage que le travail, relativement basique, sur les lumières, n'ai pas été à la hauteur (à part sans doute pour la fin, plongée dans une lumière rouge oppressante, mais pas très originale non plus), sans pour autant desservir la mise en scène. Quelques éléments restaient obscurs: la présence constante de plusieurs hommes de main sur le décors, dans l'obscurité, qui permettait de se rincer l'œil quand deux d'entre eux, bien bâtis, se caressaient l'un l'autre en slip, mais laissait plus perplexe lorsque le premier de ces deux, affublé d'une tête de cheval, se faisait épiler les jambes par le deuxième! Même si cela ne desservait pas non plus la mise en scène, apportant de surcroît une touche d'humour, déjà propre au drame romantique tel que théorisé par Hugo, et donc stylistiquement plutôt correcte.



Christophe Honoré n'a finalement pas résisté à l'attrait du cinéma, déjà très présent au long de la pièce à travers un micro servant aux apartés des personnages, en inventant un épilogue filmé, situé qui plus est à Denfert-Rochereau à Paris. Trouvaille pas forcément nécessaire, mais pas non plus sans intérêt, puisqu'elle n'en montre finalement pas beaucoup: un simple chassé croisé amoureux (ou qui ne l'est plus vraiment, on ne peut trancher) entre les deux personnages filmés, sur fond de musique rock, là encore, qui clôt la pièce de manière très poétique.

 Les acteurs principaux (j'ai oublié de citer Emmanuelle Devos dans le rôle de Catarina) portaient la pièce, mais cela pêchait un peu plus du côté des seconds rôles: la Dafné d'Anaïs Demoustier était bien trop mièvre et simplette, même si le rôle y est pour une part. L' Homodei de Julien Honoré était quant à lui un peu trop systématique dans le flegme, enlevant de là une partie de l'épaisseur psychologique du personnage.  Pour autant, ne crachons pas dans la soupe: cela reste un spectacle de très haut niveau, et une vraie bonne surprise quant au talent de metteur en scène de Christophe Honoré. Les spectateurs ne s'y sont pas trompé, puisqu'une seule huée, rapidement étouffée s'est faite entendre au milieux des ovations.

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Mardi 19 mai 2009
- Publié dans : Théâtre
Par magicalme

Wayn Traub, Maria-Magdalena
Théâtre des Abesses
4 mai 2009

Après N.Q.Z.C., présenté au Théâtre de la Ville en novembre 2007, une réussite en tous points, et une véritable révélation pour ma part, j'attendais la nouvelle création de Wayn Traub avec une très grande impatience.
Si la forme n'es pas tout à fait la même, le style n'a pas changé,et c'est un vrai plaisir.

Maria-Magdalena tient du "cinéma-opéra", selon les dires du créateur: Wayn Traub chante seul en scène, et manipule quelques accessoires, tandis que derrière lui est projeté un film, réel support de l'histoire.
Difficile de dégager une trame linéaire, mais, à travers plusieurs scènes, il aborde les thèmes qui lui sont chers: la figure de la femme suprême représentée par Maria-Magdalena, la mort, la peur, le désir... Toutes les histoires sont liées par des éléments récurrents: un couteau, une cloche, un carnet, ou le pied disparu d'une statue de Salomé/Maria-Magdalena brûlée pour avoir compromis un prêtre par son érotisme... Et la confrontation de toutes les pistes narratives et symboliques aboutti, comme cela était le cas pour N.Q.ZC., à une unité d'ensemble, par toujours évidente, mais ressentie: des résonances se créent entre les thèmes, finissent par créer une compréhension presque inconsciente du tout. Et longtemps après, la beauté et la force des images reviennent encore à l'esprit.



L'univers complexe de Wayn Traub, parsemé de références mythologiques et bibliques (la figure du diable revient sans cesse), peut dérouter, comme ce fut le cas pour plusieurs spectateurs qui ont quitté la salle en cours de représentation. Car l'artiste ne craint pas et ne se prive pas de perdre en chemin les spectateurs: changement de registre sans crier gare, alternance de passages narratifs et oniriques qui perturbent le fil conducteur... Malgré une impression parfois d'inachevé, et le sentiment par moments que le film se suffirait bien à lui tout seul, Wayn Traub fait preuve d'un réel talent de conteur, surtout lorsque son texte le lui permet: particulièrement pour l'historiette du soldat chinois perdu dans un village abandonné qu'il ne connaît pas, où il trouve un carnet contenant un poème qu'il a signé, sur sa propre mort... Le sentiment d'angoisse, qui traverse toute l'œuvre, atteint ici son paroxysme, et pourvu que l'on se laisse emporter, transforme le spectateur.
Une chose particulièrement déplorable cependant: le fait qu'il ne vienne pas saluer à la fin du spectacle, nous laissant applaudir un oiseau empaillé aux yeux lumineux, ce qui explique l'accueil tiède, car hésitant, des spectateurs.

Sans rejoindre la perfection de N.Q.Z.C., Maria-Magdalena est un spectacle réussi, qui donne envie de suivre plus avant les tribulations de son metteur en scène. Wayn Traub a ainsi annoncé qu'il préparait pour les années à venir une trilogie sur la fin du monde. De quoi intriguer pour encore longtemps...

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Jeudi 26 février 2009
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Par magicalme
Marguerite Yourcenar : Comment Wang-Fô fut sauvé
16 février 2009
Opéra Comique
Mise en scène, Benjamin Lazar et Louise Moaty

Scénographie et costumes, Bernard Michel

Avec: Benjamin Lazar
Habanera, quatuor de saxophones

Benjamin Lazar sans sa diction baroque (du moins, nous l'espérions pour un texte du vingtième siècle!), ou ses textes de prédilection (du 17ème, donc), voilà qui avait de quoi intriguer! D'autant plus lorsqu'il s'agit d'adapter un texte de Marguerite Yourcenar.

Comment Wang-Fô fut sauvé appartient au recueil des Nouvelles Orientales de Marguerite Yourcenar. Wang-Fô, peintre réputé et philosophe à ses heures, est assisté de son fidèle disciple Ling, rencontré et subjugué dans une taverne, alors que Wang-Fô se soulait pour mieux peindre un ivrogne. Le prince du pays, qui a grandi entouré par les peintures du maître, trouve, lui, que le monde n'a aucune saveur, comparé aux tableaux qu'il a contemplé toute sa jeunesse, et fait arrêter Wang-Fô pour qu'il finisse une peinture qu'il a laiss é en plan, un paysage qui représenterait pour le Prince l'achèvement de son rêve de perfection du monde peint. Mais il tue Ling, et Wang-Fô s'échappe dans son tableau devenu pendant un court instant réalité sous son pinceau, où il retrouve son disciple. Les deux s'en vont sur une barque et disparaissent à jamais.

Pour renforcer son interprétation de ce texte magnifique, mais aussi malheureusement parce que le texte est assez court, Benjamin Lazar a fait appel au quatuor de saxophones "Habanera", qui interprétait une musique d'Alain Berlaud. Parti pris dans la lignée de ce qu'a pu faire Lazar auparavant  mais qui frappe ici d'emblée par ses limites: la où pour L'autre monde (spectacle adapté de Cyrano de Bergerac), la musique remplissait la fonction d'interlude musical ou de soulignement de l'action, dans wang-Fô, elle n'a que rarement cessé d'être pure interruption de discours (20 secondes de textes puis 30 secondes de musique, c'est un peu léger pour un spectacle de théâtre). D'où un fugace sentiment d'ennui par moments, et de manque de rythme. Benjamin Lazar aurait pu choisir d'interpréter plusieurs textes, plutôt que de remplir celui-ci parfois un peu trop.



Mais malgré ce point négatif, le spectacle reste tout de même très bon, et cela grâce à la magie de son comédien: s'il est bien une chose que l'on ne peut enlever à Benjamin Lazar, c'est sa capacité à faire vivre les textes qu'il dit, et comme il le montre avec ce spectacle, quelque soit l'époque de leur écriture. Sa retenue, accompagnée par un soupçon de gestuelle baroque et la mise en scène intimiste cosignée par Lazar et Louise Moaty, sert parfaitement le texte, dont l'écriture simple renvoie à la précision d'une touche de peinture. Porté par un cheminement vers l'ultime acte de peinture, et la disparition, le texte est figuré par la scénographie sobre mais elle aussi efficace: de gigantesques piliers colorés, symbolisant sans doute les pastels du peintre, sont disposés de manière à former un escalier. Au fur et à mesure que son texte progresse, Benjamin Lazar les gravit, pour arriver sur une plateforme où se déroule la fin de son texte.

Ce n'est donc pas un spectacle parfait que nous avons pu voir, mais un spectacle qui a tout de même renforcé notre impression que Benjamin Lazar est un artiste qui compte de plus en plus. Le fait qu'il ait réussi à se détacher de son monde baroque est d'autant plus annonciateur de bonnes choses et donne vraiment envie de suivre ses prochaines productions.


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Mercredi 15 octobre 2008
- Publié dans : Théâtre
Par magicalme

Mefisto for ever
de Tom Lanoye d'après Klaus Mann
Mise en scène de Guy Cassiers
Vendredi 26 septembre 2008

Vilains pas beaux

Première partie d'une trilogie consacrée au thème du pouvoir (la bien nommée "trilogie du pouvoir"), Mefisto for ever aborde la question du lien entre art et politique.

Kurt Köpler, comédien renommé et chef de troupe, ainsi que ses collègues, répètent Hamlet pour leur prochain spectacle. Nous sommesdans l'Allemagne des années 30. Un certain Adolf H.
(qui n'est jamais nommé) accède au pouvoir, et avec lui se modifie la société, et plus particulièrement le microcosme du théâtre, que nous ne quittons pas de toute la pièce. C'est avec cet évènement que démarre l'intrigue proprement dite: l'actrice principale, juive, décide de quitter le pays, en compagnie d'une autre comédienne. Au contraire, un autre personnage appartient au NPD, et se réjouit d'avance...  Köpler, au milieu de tout cela, pourtant "de gauche", décide de rester, et de continuer son travail. Pour lui, idéalement, continuer à jouer est un acte de résistance face à une menace qu'il ne saisit pas encore très bien. Car un nouveau personnage apparaît: le bras droit du dictateur, accessoirement ministre de la culture, et appelé "Le Gros".
Köpler se soumet, selon sa décision, pour pouvoir exercer son travail dans la liberté toute relative qu'il pense posséder. Mais au fur et à mesure, l'emprise du régime se fait de plus en plus insistante, "Le Gros" finissant par mettre en scène lui-même la picèe, sous les yeux de Kurt Köpler, et la situation atteint son paroxysme avec la mort de deux personnages tués par le parti et la déchéance de Kurt.

C'est donc un sujet lourd qu'abordent Guy Cassier et Tom Lanoye. Mais la mise en scène sait rester simple : trois écrans vidéos, quelques projecteurs et caméras pour filmer les acteurs et projeter leur image sur le mur du fond également, un rideau rouge et des tables transparentes servent l'histoire. Ce qui prime donc chez Guy Cassiers n'est pas la reconstitution, mais la création d'une atmosphère, par un jeu de lumières (l'ambiance devient sombre dès que l'on se trouve pendant les répétitions) et de son assez recherché et efficace.

Sans aller par quatre chemins, cette pièce est une réussite, tout d'abord par sa mise en scène qui sait faire alterner moments d'explosions sonores et dramatiques et moments de contemplation, avec notamment un jeu sur la correspondance (épistolaire) très réussi, à travers l'usage de la vidéo. Malgré tout on pourrait reprocher à la fin de trainer en longueur, reproche qui peut s'adresser aux trois pièces. Egalement réussi est le texte: profond, articulant avec brio textes d'auteurs connus et texte de la pièce proprement dit (car une particularité de la pièce est de faire intervenir d'autres textes connus dans la bouche des personnages, au sein même de l'action), il soulève des questions, notamment sur le rôle de l'art et sa relation au peuple: l'art doit-il être conforme au désir du peuple, ce dernier étant celui qui paye l'art?
Dans des temps où la culture française est remise en cause, notamment en ce qui concerne les subventions publiques, par exemple dans l'article retentissant de Donald MORRISSON, se fait jour une étrange résonance, fugace et sans aucun doute très personnelle.
Les acteurs enfin, car toute pièce ne saurait vivre sans de bons acteurs: si la barrière de la langue (la pièce est en néerlandais sur-titré) empêche de juger avec exactitude leur prestation, on peut tout de même dire qu'ils remplissent leur contrat haut la main. Les acteurs portent leur texte et leur personnages (car ils jouent plusieurs rôles, mis à part  les personnages du "Gros" et de Kurt Köpler) de manière très convaincante. Cependant, on peut regretter quelque peut l'usage du micro, qui donne un aspect moins naturel au théâtre, mais qui heureusement est utilisé à bon escient par moments (trop peu souvent à mon gout, cela dit!) dans les moments réussis de déferlement sonore et visuels.

Une pièce à voir, donc, si elle repasse un jour...

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